"UN SPECTACLE INTENSE"
... Dans son adaptation et sa mise en scène, Xavier Béja a su habilement, et avec une élégance évidente, tirer parti des éléments intensément dramatiques de cette nouvelle fulgurante.
... Xavier Béja (Max) et ses partenaires de jeu, Guillaume Orsat (Martin) et François Perrin (au violon), réussissent à rendre admirablement cette extraordinaire résolution, cet improbable mouvement parabolique qui engendre une véritable césure dans l’échange entre les deux personnages...
La première impression de fausseté délibérée, peut-être déjà mâtinée d’une certaine hypocrisie, se trouve justifiée par une descente au cœur de l’intimité et de la vérité d’un tragique authentiquement théâtral...
Le support épistolaire, qui avait été négligé au profit de la forme conversationnelle du face-à-face au début du spectacle, prend dès lors tout son rôle et instaure une distance significative et rendue sensible par un rythme à la fois plus lent et plus lourd et très habilement, c’est François Perrin, l’homme au violon, qui fonctionnera comme une sorte de go-between entre le silence de l’un et l’excès de l’autre.
Emerge enfin dans un dispositif scénique où la lumière, et en l’occurrence l’ombre, joue pleinement son rôle, la figure outragée mais impassible (celle de la Loi mosaïque ?) d’une sorte de mort-vivant, qu’incarne Xavier Béja avec beaucoup d’intensité (timbre plus grave, voix cassée, regard perçant) devant l’indécence des récriminations tantôt amères, tantôt doucereuses de Martin auquel Guillaume Orsat prête toute l’amplitude de son registre pathétique.
Quand résonne le second « Adressat Unbekannt » (« Inconnu à cette adresse ») qui boucle définitivement le cercle tragique de la violence et de la vengeance, s’achève, dans une impression de douloureuse vacuité, un spectacle intense et sans doute moins illustratif que pensif.
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"ILS SONT SIMPLEMENT REMARQUABLES"
Transcendés, Xavier Béja et Guillaume Orsat incarnent de manière à la fois très sensible et très impliquée l'éternel tourment d'Abel et Caïn. Ils sont tout simplement remarquables.
FROGG'S DELIGHT
"LE JEU EXCELLENT DE BOUT EN BOUT JUSQU'A UNE DERNIERE SCENE QUI TOUCHE AU PRODIGE"
... Xavier Béja commence par accentuer l’idiotie qui se dégage des deux héros de la nouvelle de Kressmann Taylor. Les rires stupides, les cheveux gominés, les mines d’ahuris, il y a quelque chose de déroutant là-dedans, d’autant que la distance comique fait moyennement rire. Puis, les lumières faiblissent, le jeu - excellent de bout en bout - devient de plus en plus incarné, jusqu’à une dernière scène entre les deux protagonistes qui touche au prodige. Bien sûr, il est question de la montée du nazisme, des atrocités commises au nom de l’antisémitisme, mais on dépasse vite les sempiternelles questions sur la responsabilité ou sur le « comment-aurais-je-réagi-si-j’avais-été-à-sa¬place- ?! » pour toucher à une dimension plus essentielle. Une cruauté aux deux visages, celle de l’individualisme et de l’indifférence, celle de la révolte et de la douleur. Une cruauté ordinaire, une cruauté universelle, une cruauté qui frappe tout le monde, aussi bien les antisémites que les victimes. Une cruauté motrice et mortifère. Alors, on se remémore les écrits d’Artaud, son théâtre, son mépris pour les textes littéraires et son apologie de la mise en scène.
A VOIR A LIRE
"MISE EN SCENE, SOBRE, REFLECHIE ET PERCUTANTE"
... Un duel épistolaire à mort. Servi magnifiquement par deux comédiens et un violoniste en soutien nerveux. Dans un dramatique face-à-face, Inconnu à cette adresse offre une saisissante et haletante description en creux de la tragédie allemande. La leçon d’histoire est totale. (...) La leçon de théâtre est salvatrice puisque le spectateur comprend la situation, éprouve le délitement de l’amitié, ressent l’amertume et partage la révolte. Médusé, au fond de cet « Inconnu » il trouve de l’humain.
IMPACT MEDECINE
"ON RETIENT SON SOUFFLE"
Intense ! Que vous ayez lu ou non ce texte, cette mise en scène vous offre une formidable occasion de le lire ou de le relire, en tout cas de l’apprécier pleinement. C’est à voir avec des jeunes, à partir du lycée, des moins jeunes, vos amis, etc. Deux excellents comédiens et un violoniste sont sur scène, dans un univers sobre, où les jeux de lumière et la musique vont accompagner et intensifier la dramaturgie...
Les deux personnages, qui, dans le texte, échangent des lettres dans la période trouble de la montée en puissance du nazisme, se livrent à un face à face impitoyable, droit dans les yeux, qui s’achève par une véritable mise à mort.
C’est très fort, dans le public, on retient son souffle, on n’entend pas un bruit, jusqu’au point final.
L'@MUSE
"UN SPECTACLE D'UNE RARE INTENSITE"
... Le metteur en scène et acteur Xavier Béja a habilement traduit l’évolution tragique de ce face à face douloureux dans lequel chaque lettre a la force d’une action théâtrale. Le travail subtil sur les lumières, le violon de François Perrin, le talent et la grande finesse d’interprétation de Xavier Béja (Max) et Guillaume Orsat (Martin) rehaussent les qualités d’un texte percutant et implacable. Un spectacle d’une rare intensité.
ZURBAN
"FORCE ET SOBRIETE"
... Tiré d’un roman épistolaire concis de Kressmann Taylor qui fit, à sa sortie il y a quelques années, forte impression, le spectacle l’illustre avec force et sobriété.
TELERAMA
"LE PARTI PRIS DE XAVIER BEJA EST EXCELLENT"
C’est une pièce épistolaire, genre toujours difficile à mettre en scène. Le parti pris de Xavier Béja est excellent : faire comme si les deux personnages se parlaient vraiment. Ils échangent leurs lettres mais se regardent dans les yeux. Cela enlève le côté conventionnel de l’oeuvre et permet plus d’émotion. Guillaume Orsat et Xavier Béja lui-même sont parfaits dans leur personnage. Le spectacle m’a paru meilleur encore qu’à sa création à Paris.
FIGAROSCOPE
"DES ACTEURS SAISISSANTS DE JUSTESSE, DE PROFONDEUR, DE SUBTILITE"
...Pour adapter ce texte, Xavier Béjà choisit la simplicité, une économie de moyens qui repose sur la confrontation scénique des épistoliers absents, le jeu subtil de la lumière et la présence souvent juste d’airs de violons nostalgiques ou tendus : et ça marche ! Car les acteurs sont tous deux saisissants de justesse, de profondeur, de subtilité d’interprétation dans ce face-à-face tragique ! (...) La chose prend admirablement, avec l’avancée de la catastrophe, le jeu se densifie, l’intensité dramatique est là et le spectateur se voit exténué par la tendresse comme la violence de ces lettres incarnées en ces deux hommes, possédant littéralement ces acteurs qui savent jouer toutes les palettes émotionnelles – depuis la rage jusqu’à l’effroi – avec une force saisissante ! (...) Un texte nécessaire pour rappeler la fragilité de la bonté humaine face à l’horreur de l’Histoire, servi par une interprétation de grande qualité !
LE LITTERAIRE.COM
"UNE FORCE SAISISSANTE!"
Dans cette nouvelle version, les deux interprètes se font face, se rejoignent ou sont séparés par un violoniste, François Perrin, qui participe à l'entrain fatal de l'aventure. Xavier Béja, qui joue l'ami demeuré en Amérique et signe une mise en scène intelligemment nerveuse, est pris dans une passion entière. Guillaume Orsat, en Allemand séduit par les nazis, détaille une autre personnalité, drapée dans sa réflexion. Avec leur évidente nature d'acteur, Béja et Orsat ont trouvé le détonateur qui transforme la littérature en théâtre.
LES ECHOS .FR
"AU PLUS PRES DE LEURS EMOTIONS"
... C'est au plus près de leurs émotions, qu'elles soient justification tranquille du pire ou inquiétude face au péril inéluctable, que se tient la mise en scène de Xavier Béja, proposant une lecture implacable des lettres d'Inconnu à cette adresse, la nouvelle de Kressmann Taylor... Au fil des échanges épistolaires, le sang se fige et le coeur se glace."
LA CROIX
"EXEMPLAIRE !"
... En quelques lettres s’insinuent la lâcheté, le reniement, la trahison. Exemplaire, par son économie d’écriture et de construction, le roman de Kressmann Taylor (publié en 1938) se prête naturellement à l’adaptation scénique. Xavier Béja, metteur en scène et interprète au côté de Guillaume Orsat, donne vie et mouvement à l’échange de correspondance. Chacun s’adresse à l’autre comme s’il était là et la progression de rythme suit une montée dramatique, jusqu’aux dernières lettres expédiées comme des tirs de balles. En arrière-plan musical, le violon de François Perrin accompagne les soubresauts de cette amitié fracassée.
LE JOURNAL DU DIMANCHE
"INTENSITE ENORME !"
... Le texte bouleversant de Kressmann Taylor nous parvient avec une grande force. Dans la mise en scène de Xavier Béja, les personnages sont installés en face à face. Accompagnés par un violoniste (François Perrin), ils correspondent. Et comme dans un dialogue, ils se parlent. Les yeux dans les yeux. Entre eux, il y a une intensité énorme, comme un fil transparent, d’abord robuste, symbole d’une amitié indéfectible. Puis il se tend, progressivement, jusqu’à devenir lame. La pression monte, les tons se durcisssent, les visages se décomposent. Jeu saisissant de Guillaume Orsat (Martin) et Xavier Béja (Max), qui nous font ressentir à toute vapeur la tragédie.
PARISCOPE
"ON RESTE SANS VOIX"
Adaptée d’Inconnu à cette adresse, le sublime roman épistolaire de l’Américaine Kressman Taylor, cette pièce, qui se joue actuellement au théâtre du Lucernaire, a le mérite de mettre en lumière le texte initial sans le dénaturer. (...) La mise à mort est orchestrée par un violoniste assis au centre. Témoin de l'Histoire, il arbitre la destruction d'une amitié avec des mélodies yiddishs, mais aussi de Bach, Strauss et Brahms. (...) Au final, une ultime lettre lancée par Max traverse la scène. Elle atteint Martin comme une balle de révolver. On reste sans voix.
MARIANNE
"LA VERITE DES MOTS"
(...) Inconnu à cette adresse est un voyage au bout de la nuit, la nuit de la cruauté et de la Toute Puissance, la nuit dans laquelle s'apprête à s'engouffrer l'Allemagne, en 1933, au moment de l'arrivée d'Hitler au pouvoir.
François Perrin accompagne Xavier Béjà et Guillaume Orsat au violon dans cette descente aux enfers, simplement mis en scène. C'est précisément cette sobriété qui laisse la place à la vérité des mots de Kressmann Taylor, une vérité qui dénude le spectateur, se retrouvant face au "basculement" des identités et des sentiments. Les comédiens prennent à bras le corps ce texte, indispensable par les temps qui courent et qui ne s'arrêteront pas de courir pour le moment...
LA THEATROthèque
"UN GRAND MOMENT DE LITTERATURE, DE THEATRE ET D'HISTOIRE"
(...) Ce face à face mortel est remarquablement interprété, voire transcendé par Xavier Béja et Guillaume Orsat, accompagnés au violon par François Perrin. Un grand moment de litttérature, de théâtre et d’histoire.
ACTUALITE JUIVE
"UNE INTERPRETATION EN TOUT POINT EXCEPTIONNELLE"
(...) Cela semble, de prime abord, une gageure que de transposer au théâtre – l’art de représenter et d’exposer – un texte dont la substance est à ce point constituée d’ellipses et de faits implicites... (...) Xavier Béja n’a pas succombé à la facilité de l’évidence. Il n’a pas pour autant recouru à un symbolisme obscur et tortueux : sa mise en scène, toute en finesse, n’exprime rien autre que ce dont est riche le texte et apporte à celui-ci la profonde vibration de la vie. (...) Tous ces choix de mise en scène, pour habiles et subtils qu’ils soient, n’auraient guère de portée s’ils n’étaient servis par une interprétation en tous points exceptionnelle. Les trois interprètes sont de merveilleux passeurs d’émotions – Xavier Béja est un Max poignant, tout débordant d’affection, puis crispé de désarroi quand il sent se désagréger ce qui le liait à Martin et monter la barbarie, enfin fou de douleur et de rancœur, implacable vengeur : Guillaume Orsat est un Martin impressionnant, d’abord indolent et prenant ses aises dans sa vie bourgeoise, puis gagné par l’engouement hitlérien et comme possédé par les discours de propagande, devenant étranger à lui-même ; enfin Stéphane Spira imprime aux morceaux qu’il joue au violon une vibration à la fois retenue et puissante. Mais surtout, ils sont tous trois magnifiques quand ils abordent les phases muettes de leur rôle, ils restent si densément présents que le regard du spectateur ne peut rester focalisé sur le seul locuteur – le face-à-face voulu par Xavier Béja, demeure tendu de bout en bout.
Une mise en scène d’une sobriété incandescente, qui respecte les silences essentiels du texte, des comédiens entièrement habités par leur personnage et tout vibrants des émotions exprimées dans les lettres. (...). Le public fut particulièrement réceptif : après avoir tout d’abord battu des mains avec ferveur, tout le monde se leva à l’unisson pour applaudir encore plus fort. C’était là une juste réponse à ce que nous venions de vivre.
LE LITTERAIRE.COM
"IL FAUT SALUER LA PERFORMANCE DES ACTEURS !"
Publié en Français en 1999, le court roman épistolaire de Kressmann Taylor, Inconnu à cette adresse (éd. Autrement), s'est converti en best-seller (...) La pièce qui en a été tirée se donne depuis la fin mars au théâtre du Lucernaire et semble en passe de prendre le même chemin. Prolongée une première fois jusqu'au 15 juin, elle est maintenant annoncée jusqu'au 9 septembre, le succès ayant cette fois encore dépassé les espérances. (...) Il faut saluer la performance des acteurs qui, en un peu plus d'une heure, font passer leurs personnages d'une amitié idyllique à la haine de deux bêtes humaines.
LE MONDE