Le Roi de Paris, une Reine et quelques Princes
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En 1860, Dormeuil abandonne la direction à son fils et à Francis de Plunkett. Celui-ci dont la générosité n’est pas la qualité première se dispute continuellement avec Hortense (que de cris, en coulisses !). Il faut dire que Mademoiselle Schneider, alors vedette du Palais-Royal, donc de Paris, est elle-même très comptable de ses intérêts. En 1864, c’est la rupture définitive, ainsi je ne verrai pas la création de La Belle Hélène qu’Hortense fera jouer aux Variétés. Et quand Offenbach, Meilhac et Halévy donnent une nouvelle opérette sur ma scène, La Vie parisienne, elle refuse de la jouer et se fait remplacer. Elle a la rancune tenace, la divette !
Offenbach est alors le Roi de Paris, il remplit d’un public enchanté trois salles en même temps : La Vie parisenne au Palais-Royal, Orphée aux enfers aux Bouffes Parisiens et Barbe bleue aux Variétés.
Après la guerre de 70, les temps sont plus difficiles, Offenbach meurt, Labiche n’écrit plus, Dormeuil et de Plunkett démissionnent, c’est la fin d’une époque.
La nouvelle direction effectue des travaux de restauration et de décoration. Le maître d’oeuvre en est l’architecte Paul Sédille. C’est lui qui fait réaliser ces vastes peintures murales du foyer qui retracent mon histoire. Et c’est à lui que je dois ma salle scintillante de dorures et de cristal. C’est dans ce même décor rouge et or que l’on célèbre solennellement mon centenaire, le 23 octobre 1884. Ce jour-là, tous mes amis sont reçus au Véfour, dans les salons de l’ancien Café de Chartres (au-dessous de l’appartement habité pendant trente ans par la Montansier !).
Les illustres personnages qui font ensuite mon histoire n’ont plus leur place sur la belle fresque du foyer, mais au détour d’un couloir, leurs noms apparaissent sur les affiches d’époque. Profitez de l’entracte pour rêver :
Ainsi, c’est Mussay, autre directeur dénicheur de talents qui accueille un élégant jeune inconnu dont il accepte le manuscrit Monsieur Chasse. C’est le début de ma complicité avec Georges Feydeau.
G. Feydeau Un auteur exceptionnel dont Marcel Achard disait : « Feydeau était un grand comique. Le plus grand après Molière... Les pièces de Feydeau ont la progression, la force et la violence des tragédies. Elles en ont l’inéluctable fatalité. Devant les tragédies, on étouffe d’horreur. Devant Feydeau on étouffe de rire. »
Six pièces de Georges Feydeau seront créées et maintes fois reprises sur mes planches : Après Monsieur Chasse, Le Système Ribatier, Un Fil à la patte (que nous reprendrons en 1989 pour 388 représentations dans une mise en scène de Pierre Mondy), Le Dindon (repris en 1984 pour une série de 387 représentations), Séance de Nuit, et la dernière pièce de Feydeau, Hortense a dit : Je m’en fous ! sera jouée peu d’années avant sa mort.
En cette fin du XIXème siècle, nous donnons essentiellement Feydeau, mais aussi Hennequin et Valabrègue, qui signent seuls ou en collaboration de très nombreuses pièces : Une Enquête, Les Joies du foyer, Les trois Chapeaux, Le Paradis, La Terre-Neuve, Les Ricochets de l’amour, Place aux femmes, et Coralie et Cie. |
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© 2010 - Théâtre du Palais-Royal
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